Le Grand Prix RPBB 2025 a été attribué à William DUPUY pour son travail Enfants Fantomes.

William DUPUY
William Dupuy a suivi une formation en photojournalisme à l’EMI-CFD (École des Métiers de l’Information – Centre de Formation et de Développement) en 1999, sous la direction de Patrick Frilet.
Photojournaliste indépendant français, actif depuis 2000, son travail, de style documentaire, met l’accent sur l’humain et l’optimisme. Il collabore régulièrement avec des publications telles que L’Équipe et a remporté la médaille d’or au festival Sportfolio pour son reportage “Boxe au Congo, une vie de combat”, illustrant l’impact de la boxe sur d’anciens enfants soldats en République Démocratique du Congo.
Enfants Fantômes
À l’échelle mondiale, environ 166 millions d’enfants de moins de 5 ans sont désignés comme des “enfants fantômes”, en raison de leur absence d’enregistrement à la naissance. Cette situation les rend invisibles aux yeux des autorités, ce qui est particulièrement préoccupant au Burundi. Dans ce pays, des millions d’enfants se voient privés de droits fondamentaux tels que l’accès à l’éducation, aux soins de santé et à une protection juridique adéquate.
À travers ce reportage photo, j’ai cherché à mettre en lumière les difficultés rencontrées par ces enfants. Pour comprendre les raisons de leur oubli systémique, j’ai exploré des facteurs tels que la pauvreté, la distance qui sépare les bureaux d’état civil des zones rurales, ainsi que le manque de sensibilisation quant à l’importance de l’enregistrement à la naissance. En discutant avec des parents et des enfants, j’ai recueilli des témoignages poignants qui soulignent les conséquences dramatiques de cette absence d’enregistrement, telles que l’absence de reconnaissance légale et l’impossibilité d’accéder à l’aide sociale.
Des organisations, comme l’AMADE, collaborent avec les autorités burundaises pour renforcer les systèmes d’enregistrement et sensibiliser la population à cette problématique cruciale. Leur objectif est de garantir que chaque enfant soit enregistré à la naissance et puisse jouir de ses droits fondamentaux. Pour documenter cette problématique, j’ai passé 15 jours à parcourir plusieurs provinces du Burundi, rencontrant des familles souvent oubliées par la société.